La Maternité spirituelle

                     De la mère vient la vie. Ce qui est vrai dans l’ordre naturel, l’est aussi dans l’ordre spirituel. Quelle relation est plus étroite que celle qui unit un enfant à sa mère ? L’Ancien Testament déjà a pris cette image pour exprimer l’Alliance de Yahvé avec Son peuple. Ce qui n’était cependant qu’une image, devient réalité à la Croix quand Jésus nous donne Marie pour Mère. Dans cet instant solennel, la Vierge Marie est investie de la maternité universelle et reçoit dans son Cœur et dans ses bras tous ceux qui ont été rachetés par le Sang de son Fils. Elle nous enfante à la vraie vie, à la vie éternelle. Ce qu’Elle fait à la Croix, l’Église l’accomplit en donnant part à tous aux grâces rédemptrices qui jaillissent du Cœur du Christ.

 

Cette maternité est mise en lumière dans la vie d’innombrables mères spirituelles qui tout au long de l’histoire de l’Église ont reçu en dépôt dans leur cœur de femme les trésors du Cœur du Christ pour les transmettre à tous et tout particulièrement aux prêtres. Ces mères peuvent être des mères de famille ou des personnes seules, ignorées au sein de leur famille ou de leur monastère, des vieillards, des malades ou des enfants, dès lors qu’elles font de leur vie une offrande unie à celle du Christ pour la sanctification des âmes. Quand le Pape saint Jean-Paul II est venu à Fatima le 13 mai 2000, il déclara : « J’exprime ma reconnaissance envers la bienheureuse Jacinta qui a offert sacrifices et prières pour le Saint Père qu’elle voyait tellement souffrir. » Jacinta Marto, une enfant de dix ans, est devenue mère spirituelle pour un grand Pape comme saint Jean Paul II.

Yvonne-Aimée, une mère pour les prêtres

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Père Paul Labutte donne la communion

à Mère Yvonne Aimée

Un tel exemple de maternité spirituelle nous est donné dans la vie de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit. Dès l’âge de 9 ans, elle comprit, avec l’aide du Père jésuite qui la préparait à sa première communion, qu’elle devait, « chaque jour de sa vie, prier et offrir des sacrifices pour les prêtres. » Ce saint prêtre lui conseilla de prier Jésus qu’Il veuille bien « attacher à son âme une âme d’enfant appelé à devenir prêtre, sans chercher à savoir ici-bas comment il se nomme et quel pays il habite. Chaque jour, vous prierez pour sa vocation et son sacerdoce. » Dieu l’exauça. En 1941, Il lui fit reconnaître en la personne du Père Paul Labutte ce prêtre pour lequel elle priait. Une amitié spirituelle est née entre eux. Mère Yvonne devint pour lui mais pour tant d’autres aussi une « mère selon l’esprit ».

C’est pour traduire dans la continuité cette forme de maternité spirituelle que le Père Paul Labutte a fondé sur le domaine de La Brardière l’œuvre de la Communauté Notre-Dame (en la fête de Noël 1983) dont la Famille de Marie qui prend la suite de cette œuvre s’efforce de garder l’esprit et de prolonger la mission. (Cf. rubrique ‘La Brardière aujourd’hui’)

À La Brardière, on prie pour les vocations religieuses et sacerdotales en reconnaissant le rôle de la Vierge Marie dans la rédemption du Christ. Plus nous lui sommes consacrés, plus la fécondité est grande dans la vie de chacun. Cette fécondité est d’une manière spécifique le propre de la femme dans le sein de qui Dieu a voulu sceller Son Alliance avec l’homme et cacher le mystère de la rédemption. La présence de prêtres et de sœurs à La Brardière traduit cette union spirituelle dont le fruit espéré est la sanctification des prêtres. « Une vocation sacerdotale - écrivait saint Pie X - jaillit du Cœur de Dieu mais passe par le cœur d’une mère ». Tout prêtre lui aussi se doit à la maternité d’âmes choisies.

                     Mère Yvonne-Aimée, toute unie à la Vierge Marie, nous guide dans la redécouverte de la maternité spirituelle, une dignité qui interpelle toute femme: « Pour racheter les âmes, le principal est de s’unir : unir nos riens à Son Tout, unir nos actions, nos peines, nos joies et même nos sourires… à Notre Seigneur ! » (Lettre au Père Crété du 29 septembre 1923)

Par notre présence et notre prière ici, à La Brardière, nous confions à la Vierge Marie, Mère du sacerdoce et Mère de l’Église, le soin de susciter ce désir dans les cœurs afin que de plus en plus se reflète sa maternité dans la femme et qu’en jaillisse une source nouvelle de sanctification pour tous, particulièrement en ce diocèse.  

 

NB : Pour approfondir le sujet de la maternité spirituelle, vous pouvez consulter la brochure publiée par la Congrégation pour le Clergé en vous rendant sur le site : http://www.clerus.org/clerus/dati/2008-01/23-13/Adoration.pdf